vendredi 23 octobre 2015

SOUS LE CIEL D'ORIENT - 1927



SOUS LE CIEL D'ORIENT 

C'est que Mahdi est un homme puissant. Dans son palais de la ville voisine, on le voit donner des ordres........



mardi 13 octobre 2015

SOUS LE CIEL D'ORIENT



Film réalisé par Fred Leroy-Granville & H.C Grantham-Hayes en 1927, du temps où se transmettait de génération en génération un discours colonialiste mettant en évidence d’une part un sentiment d’attirance pour l’Orient et d’autre part un rejet des Orientaux.



Gaston Modot: Ramon Cortez et Mahieddine
Flora Le Breton: Nikita
Joe Hamman : Mustapha
Maurice Sibert: Capitaine Verdières
Charley Sov: Colonel Montrose
Reginal Fox:  Inspecteur Verdier
Farnèse:  Hassan
Olga Day:  Lydia
Lydia Zarena:  Leilah
Gloria Marino:  Zulika
Renée Grandchamp:  Tante Agathe
Jacques Henley:   Ben Harid





Muet  - Noir & Blanc
4 épisodes:  172 minutes
1 partie:    166 minutes

Production: Ets Jacques Haïk







 Dans l’extrême-sud Algérien, le Colonel Montrose occupe les loisirs de sa retraite en faisant de l’élevage. Sa résidence au bord du désert est une luxueuse habitation où il vit avec sa sœur Agathe et sa fille Nikita.


 Cette dernière a inspiré une ardente passion a un riche étranger, Ramon Cortez dont l’apparente fortune a séduit la tante Agathe, au point que Nikita a cédé a ses conseils et a consenti sans enthousiasme à se fiancer a lui. Non loin de l’habitation du Colonel se trouve le poste militaire d’Akbar, commandé par le Capitaine Verdières, fiancé lui-même à Lydia, qui est la meilleure amie de Nikita.



 Quelques évènements graves, dont le meurtre d’un colon, se produisent dès le début. Ils ont pour origine la mort d’un ancien chef, Ahmed Youssif, révolté, dont les français ont jadis réduit la résistance et que son fils Mahieddine veut aujourd’hui venger.


 Le Capitaine Verdières, mis au courant du dernier meurtre, fait appel à l’Inspecteur Bernier, ancien officier, qui accourt avec son fidèle serviteur, Hassan.


 Et tous se rencontrent chez le colonel Montrose, ancien chef de Bernier. Celui-ci retrouve Nikita qu’il a connue enfant et qu’il revoit jeune fille. Cette dernière sent tout de suite sa sympathie, sinon d’avantage, s’éveiller en faveur de Bernier.


 Mais Mahieddine et ses hommes veulent tuer Bernier qui connaît le désert, parle l’arabe et est capable de déjouer leurs plans. Chez Montrose, même, un de leurs conjurés tente de poignarder l’Inspecteur et un peu plus tard, d’une hauteur voisine, on tire sur lui un coup de feu sans l’atteindre.



Comment le Capitaine et Bernier arriveront-ils à capturer les conjurés ? Ils sentent qu’ils sont entourés d’espions. C’est que Mahieddine est un homme puissant.

Dans son palais de la ville voisine, on le voit donner des ordres à Ben Harid un métis employé civil de la police française qui trahit ses chefs pour de l’argent. On le voit en conférence avec un de ses guerriers, Mustapha, qui ne songe qu’à la vengeance, on le voit aussi en contemplation devant un portrait de femme et ce portrait est celui de Nikita, la fille du Colonel Montrose.



 Ramon Cortez et Mahieddine ne sont, en effet, qu’un seul et même homme. Pendant que se développe, au cours de promenades équestres, l’idylle de Bernier et de Nikita, Mahieddine subit les assauts de la jalousie de sa favorite Leilhah qui a deviné l’amour de son maître pour une femme étrangère.


Elle n’est pas la seule, Mustapha a compris, lui aussi, depuis longtemps, que Mahieddine risque d’oublier sa vengeance pour une femme.



Il lui rappelle le serment qu’il a fait autrefois à son père en mourant, il excite sa jalousie et après une lutte morale terrible, Mahieddine donne l’ordre qui ruinera Montrose et qui fera périr Bernier.


 Une caravane portant une riche cargaison de plumes d’autruches appartenant à Montrose sera attaquée et détruite en plein désert. Cependant Bernier est au courant des projets de Mahieddine.



 Habilement déguisé en mendiant au marché d’Akbar, il a surpris un ordre que Mustapha a donné à un envoyé. Il l’attend en pleine campagne et au cours d’une lutte, lui prend son message.




 Montrose est donc au courant. Sa caravane va être attaquée. Le Capitaine Verdières lui offre quelques hommes, les seuls qu’il ait disponibles et qui partent sous la conduite de Bernier pour convoyer la caravane.


Mais au parc d’élevage des autruches, le chef qui reçoit l’avis de Montrose de retarder son départ jusqu’à l’arrivée de Bernier, soulève les épaules devant ce qu’il appelle des histoires de brigands et décide de partir le jour même, comme il en avait décidé. Pourtant les renseignements se précisent. Le Capitaine Vernières apprend que Mahieddine a réuni tous ses guerriers pour attaquer la caravane.


 Il part en avion pur rejoindre Bernier, qui est en route avec sa faible escorte, et l’avertir de ne pas tomber dans le guet-apens qu’on lui tend. Mais l’avion est attaqué, une balle frappe le moteur et c’est la panne en plein désert. Le Capitaine Verdières s’éloigne de son avion, désespéré. Pendant ce temps, Bernier s’avance avec ses hommes à la rencontre de la caravane.



Au cours d’une halte, il est surpris pendant son sommeil par les partisans de Mahieddine, son escorte est exterminée et il est emmené prisonnier. Mis en présence de Mahieddine, il reconnaît en lui Ramon Cortez et au cours d’une scène émouvante, il défie son ennemi, qui le garde prisonnier. Ben Harid sera son geôlier.

 Cependant la caravane a été détruite. Les jours passent mélancoliques chez Montrose où Nikita tremblante attend le retour de Bernier et où Ramon Cortez revient lui parler d’amour et lui rappeler sa promesse de l’épouser. Dans le désert le Capitaine Verdières erre, égaré et le fidèle serviteur de Bernier, Hassan, parcourt les pistes à la recherche de son maître.


 Verdières et Hassan se rencontrent et tous deux vont délivrer Bernier en tuant le geôlier. Il s’agit maintenant pour les trois hommes de revenir chez Montrose où les événements se sont précipités. On lui a apporté le casque ensanglanté de Bernier. Plus de doute, l’Inspecteur est mort. Nikita est désespérée. Elle accepte alors d’épouser Ramon Cortez, il est riche et cela relèvera la situation de son père que la destruction de sa caravane a ruiné.


 Le jour du mariage Ramon Cotez est près de sa fiancée. La cérémonie va être célébrée. Déjà le prêtre commence à réciter les prières. Tout à coup une porte s’ouvre et Mustapha paraît pour rappeler à Mahieddine son serment. Mahieddine pâlit devant son compagnon qui tire un pistolet de sa ceinture, vise son maître, presse sur la gâchette …. Mahieddine tombe.


 A ce moment, arrivent Bernier, Verdières et Hassan. Ils sont exténués, méconnaissables…




Nikita retrouve avec joie celui qu’elle aime et, peu après, dans la beauté des soirs africains, la jeune Madame Bernier se laisse bercer par la douceur de son amour.





                                     Musique de Dhafer Youssef  (extrait de Diaphanes)



 © Films Régent Archives Jacques Haïk

















mercredi 2 septembre 2015

Jacques HAÏK & Jean KEMM


D’origine alsacienne ou lorraine, né  à Paris en 1874,  Jean KEMM est tout d’abord acteur de théâtre chez André Antoine puis au cinéma, notamment à la SCAGL (la Fille du garde-chasse, les Mystères de Paris) avant d’aborder la mise en scène en 1917 avec Honneur d’artiste. Sa carrière fertile ne s’interrompt que peu de temps avant sa mort, toujours soutenu par son épouse Henriette Kemm, fidèle assistante. Cela dit, on connaît peu de choses sur cet homme discret qui a su trouver une voie médiane entre cinéma populaire et cinéma d’auteur : il vaut sans doute plus que la réputation de « bon artisan » qui lui a été collée.

En 1918, il réalise et interprète un petit rôle dans André Cornélis, avant de se spécialiser dans l’adaptation de romans ou de pièces du répertoire littéraire et théâtral français.

Il adapte à deux reprises Paul Hervieu : l’Énigme (1918) puis le Destin est maître (1920) auprès de la SCAGL et de Pathé. Commence alors pour Kemm une suite de succès populaires avec des films ambitieux maintenant oubliés, mais qui étaient à l’époque très prisés. En outre, Jean Kemm tourne ses films avec Charles Pathé, qui hésite encore à poursuivre sa carrière. Le romancier Victor Cherbuliez aura les grâces du cinéaste avec la comédie Miss Rovel (1920) puis avec un drame, la Ferme du Choquart (1922). La réussite de ces films doit beaucoup à la maîtrise de la mise en scène, à une certaine fluidité et à une absence de longueurs, mais également à l’interprétation de Geneviève Félix, fine actrice à la brève carrière cinématographique. Égérie du cinéaste, on la retrouve également dans Micheline (1921) d’après André Theuriet, puis dans Hantise (1922), drame adapté de Marcel Dupont, deux films mineurs dans la carrière de Jean Kemm, comme l’Absolution (1922) d’après Jean-Jacques Bernard. Ce pauvre chéri (1923) est du même style, avec deux gloires de la scène qui n’aident pas le film à sortir du cliché : Jeanne Grumbach et Jacques de Féraudy.

C’est tout d’abord Jean Sapène avec les Cinéromans, produisant en 1923 le serial Vidocq (d’après Arthur Bernède), puis l’Enfant-Roi d’après le roman de Pierre Gilles l’année suivante, qui donne son envol à Jean Kemm. Sous l’impulsion d’Henri Mège, tous les moyens sont offerts à Kemm pour réaliser des films engagés pour rapporter de l’argent et poursuivre la politique de Sapène. Le serial populaire à la française est inventé (ou plutôt réinventé) et le réalisateur remplit son contrat, par deux adaptations travaillées au cordeau, au préalable par les équipes des Cinéromans.

Ces deux succès amènent Jean Kemm chez un jeune producteur prometteur,  Jacques HAÏK

De 1925 aux années du parlant, les deux hommes collaborent ensemble et Kemm donne peut-être le meilleur de lui-même avec le Bossu (1925) d’après Paul Féval, plein de trouvailles formelles et une écriture fluide,

 talonné par Son premier film en 1926. 



Film plus intimiste interprété par le clown Grock, le cinéaste trouve un style attrayant, touchant et naturel, avec un désir de naturalisme. Éloigné des mouvements cinématographiques, sans théorie et proche du public, son cinéma n’en n’est pas moins épuré, éloigné des œuvres plus commerciales de l’époque.
 Il achève sa période de films muets par une nouvelle version, réussie, produite aussi par Haïk,  d’André Cornélis (1927) d’après Paul Bourget, avec Malcolm Tod et Claude France





Il met trois ans pour mettre en scène son premier film sonore, le Juif polonais, avec Harry Baur.  (produit par Jacques Haïk)
Très remarquée, cette œuvre de qualité apporte à son auteur une nouvelle notoriété. Mais, au parlant, Jean Kemm signe des films inégaux, 
avec quelques perles : 
- Atlantis, coréalisé avec E.A. Dupont, 1930   (produit par Jacques Haïk)



- Haï-Tang, coréalisé avec Richard Eichberg, 1930 avec Anna May Wong   (produit par Jacques Haïk)



- Amour et discipline 1931 (produit par Jacques Haïk)

- Le coffret de laque, 1932 , d'après "Black coffee" d'Agatha Christie, avec Danielle Darrieux (produit par Jacques Haïk)






la Loupiote, 1936) et plusieurs films mineurs (les Surprises du divorce, 1932).

Il termine sa carrière avec Liberté (1937) et disparaît deux ans plus tard.

Sources:  Revue de l’Association française de recherche sur l’histoire du Cinéma
     (François Albera & Jean.A Gili- Juin 2001)

mardi 4 août 2015

SAMIA GAMAL & DALIDA

Rivales dans
UN VERRE, UNE CIGARETTE
(Sigara we kass)


  

Réalisation:                Niazy Mostafa
Scénario:                    Niazy Mostafa, Abdel Aziz Salam et Hasan Tewifk
Image:                        Abdel Aziz Fahmy
Durée:                        119 minutes
Noir & blanc              1954
Production:                Aflam El Sahm El Sahabi
Distribution               Films Régent Archives Jacques Haïk





Avec :
Samia Gamal : Hoda (la danseuse)
Dalida :        Yolanda   (l’infirmière)
Kouka:           Azza     ( la chanteuse)
Nabil el Alfi:       Mamdouh  ( le médecin)
Serag Mounir:   Emara   ( l’ami de Mamdouh)







Hoda danseuse renommée renonce à sa carrière par amour pour Mamdouh, un jeune médecin.




Ils forment un couple heureux jusqu’au moment où Hoda soupçonne son mari de ne pas être insensible aux charmes de sa trop jolie infirmière italienne, mademoiselle Yolanda (Dalida)…






                

samedi 11 juillet 2015

CHITANE EL SAHARA de Youssef Chahine avec Omar Sharif


CHITANE EL SAHARA
(LE DÉMON DU DÉSERT)

Youssef Chahine 1954



Scénario : Hussein Helmy El Mohandes
Décors:    Alvise Orfanelli et Bruno Salvi
Images:     Maher Abdel-Nour
Montage : Sayed Bassiouni
Production:    Aflam Al-Intessar
Durée:     1h50- Noir & Blanc - N° RPCA: 16.508

Distribution  Territoires de France, d'Afrique du Nord et d'Afrique francophone                                    FILMS REGENT ARCHIVES JACQUES HAÏK
8 place Stalingrad
92190 MEUDON (France)
Tél:     (+33) 01 45 07 15 43
Fax:   (+33) 09 66 92 15 43
films.regent@orange.fr



Interprètes :    Omar Sharif,       Mariam Fakhr el-Dine,    Ghany Kamar,    Loula Sedky,                                                                                  Tawfic  el-Dekn

Sujet :

Issam est un jeune bédouin insouciant jusqu’au jour où il découvre l’injustice du roi à l’encontre des siens et où il décide de le renverser. Habile et ingénieux, il réussit à s’introduire auprès de lui et à devenir son conseiller. Le jour du soulèvement arrive, tout est fin prêt, mais l’affaire manque d’échouer, de par la jalousie d’une bohémienne délaissée, qui trahit Issam auprès du roi. Heureusement, ça s’arrangera…






Western bédouin, sucrerie médiévale, conte politique oriental, péplum orgiaque, divertissement de cape et d’épée, Le Démon du désert crève d’apoplexie parce qu’il mange sans vergogne à tous les râteliers du film à grand spectacle, confondant tout dans un oecuménisme serein et un joyeux foutoir. On aura rarement vu des hérauts sonner de leur trompette la charge d’un château-fort par des bédouins, pendant que le roi, cruel comme un empereur romain, oblige ses ministres à venir faire leurs rapports dans le bain où il frétille, entouré de femmes presque nues. Chahine voulait faire une satire politique paraît-il, il a en fait signé un de ses opus les plus Z, du plus parfait mauvais goût. Je sais bien que le Z a ses adeptes et qu’ils auront raison de relever ici ou là de vraies trouvailles visuelles, par exemple une façon de composer le cadre sur deux niveaux, un personnage en amorce (souvent à droite) et l’action au second plan, comme pour désigner le spectacle dans le spectacle, et avertir que le réalisateur n’est pas entièrement dupe du film qu’il fait.


Stéphane Bouquet

- Cahiers du Cinéma. « Spécial Youssef Chahine » Octobre 1996.