mercredi 2 septembre 2015

Jacques HAÏK & Jean KEMM


D’origine alsacienne ou lorraine, né  à Paris en 1874,  Jean KEMM est tout d’abord acteur de théâtre chez André Antoine puis au cinéma, notamment à la SCAGL (la Fille du garde-chasse, les Mystères de Paris) avant d’aborder la mise en scène en 1917 avec Honneur d’artiste. Sa carrière fertile ne s’interrompt que peu de temps avant sa mort, toujours soutenu par son épouse Henriette Kemm, fidèle assistante. Cela dit, on connaît peu de choses sur cet homme discret qui a su trouver une voie médiane entre cinéma populaire et cinéma d’auteur : il vaut sans doute plus que la réputation de « bon artisan » qui lui a été collée.

En 1918, il réalise et interprète un petit rôle dans André Cornélis, avant de se spécialiser dans l’adaptation de romans ou de pièces du répertoire littéraire et théâtral français.

Il adapte à deux reprises Paul Hervieu : l’Énigme (1918) puis le Destin est maître (1920) auprès de la SCAGL et de Pathé. Commence alors pour Kemm une suite de succès populaires avec des films ambitieux maintenant oubliés, mais qui étaient à l’époque très prisés. En outre, Jean Kemm tourne ses films avec Charles Pathé, qui hésite encore à poursuivre sa carrière. Le romancier Victor Cherbuliez aura les grâces du cinéaste avec la comédie Miss Rovel (1920) puis avec un drame, la Ferme du Choquart (1922). La réussite de ces films doit beaucoup à la maîtrise de la mise en scène, à une certaine fluidité et à une absence de longueurs, mais également à l’interprétation de Geneviève Félix, fine actrice à la brève carrière cinématographique. Égérie du cinéaste, on la retrouve également dans Micheline (1921) d’après André Theuriet, puis dans Hantise (1922), drame adapté de Marcel Dupont, deux films mineurs dans la carrière de Jean Kemm, comme l’Absolution (1922) d’après Jean-Jacques Bernard. Ce pauvre chéri (1923) est du même style, avec deux gloires de la scène qui n’aident pas le film à sortir du cliché : Jeanne Grumbach et Jacques de Féraudy.

C’est tout d’abord Jean Sapène avec les Cinéromans, produisant en 1923 le serial Vidocq (d’après Arthur Bernède), puis l’Enfant-Roi d’après le roman de Pierre Gilles l’année suivante, qui donne son envol à Jean Kemm. Sous l’impulsion d’Henri Mège, tous les moyens sont offerts à Kemm pour réaliser des films engagés pour rapporter de l’argent et poursuivre la politique de Sapène. Le serial populaire à la française est inventé (ou plutôt réinventé) et le réalisateur remplit son contrat, par deux adaptations travaillées au cordeau, au préalable par les équipes des Cinéromans.

Ces deux succès amènent Jean Kemm chez un jeune producteur prometteur,  Jacques HAÏK

De 1925 aux années du parlant, les deux hommes collaborent ensemble et Kemm donne peut-être le meilleur de lui-même avec le Bossu (1925) d’après Paul Féval, plein de trouvailles formelles et une écriture fluide,

 talonné par Son premier film en 1926. 



Film plus intimiste interprété par le clown Grock, le cinéaste trouve un style attrayant, touchant et naturel, avec un désir de naturalisme. Éloigné des mouvements cinématographiques, sans théorie et proche du public, son cinéma n’en n’est pas moins épuré, éloigné des œuvres plus commerciales de l’époque.
 Il achève sa période de films muets par une nouvelle version, réussie, produite aussi par Haïk,  d’André Cornélis (1927) d’après Paul Bourget, avec Malcolm Tod et Claude France





Il met trois ans pour mettre en scène son premier film sonore, le Juif polonais, avec Harry Baur.  (produit par Jacques Haïk)
Très remarquée, cette œuvre de qualité apporte à son auteur une nouvelle notoriété. Mais, au parlant, Jean Kemm signe des films inégaux, 
avec quelques perles : 
- Atlantis, coréalisé avec E.A. Dupont, 1930   (produit par Jacques Haïk)



- Haï-Tang, coréalisé avec Richard Eichberg, 1930 avec Anna May Wong   (produit par Jacques Haïk)



- Amour et discipline 1931 (produit par Jacques Haïk)

- Le coffret de laque, 1932 , d'après "Black coffee" d'Agatha Christie, avec Danielle Darrieux (produit par Jacques Haïk)






la Loupiote, 1936) et plusieurs films mineurs (les Surprises du divorce, 1932).

Il termine sa carrière avec Liberté (1937) et disparaît deux ans plus tard.

Sources:  Revue de l’Association française de recherche sur l’histoire du Cinéma
     (François Albera & Jean.A Gili- Juin 2001)

mardi 4 août 2015

SAMIA GAMAL & DALIDA

Rivales dans
UN VERRE, UNE CIGARETTE
(Sigara we kass)


  

Réalisation:                Niazy Mostafa
Scénario:                    Niazy Mostafa, Abdel Aziz Salam et Hasan Tewifk
Image:                        Abdel Aziz Fahmy
Durée:                        119 minutes
Noir & blanc              1954
Production:                Aflam El Sahm El Sahabi
Distribution               Films Régent Archives Jacques Haïk





Avec :
Samia Gamal : Hoda (la danseuse)
Dalida :        Yolanda   (l’infirmière)
Kouka:           Azza     ( la chanteuse)
Nabil el Alfi:       Mamdouh  ( le médecin)
Serag Mounir:   Emara   ( l’ami de Mamdouh)







Hoda danseuse renommée renonce à sa carrière par amour pour Mamdouh, un jeune médecin.




Ils forment un couple heureux jusqu’au moment où Hoda soupçonne son mari de ne pas être insensible aux charmes de sa trop jolie infirmière italienne, mademoiselle Yolanda (Dalida)…






                

samedi 11 juillet 2015

CHITANE EL SAHARA de Youssef Chahine avec Omar Sharif


CHITANE EL SAHARA
(LE DÉMON DU DÉSERT)

Youssef Chahine 1954



Scénario : Hussein Helmy El Mohandes
Décors:    Alvise Orfanelli et Bruno Salvi
Images:     Maher Abdel-Nour
Montage : Sayed Bassiouni
Production:    Aflam Al-Intessar
Durée:     1h50- Noir & Blanc - N° RPCA: 16.508

Distribution  Territoires de France, d'Afrique du Nord et d'Afrique francophone                                    FILMS REGENT ARCHIVES JACQUES HAÏK
8 place Stalingrad
92190 MEUDON (France)
Tél:     (+33) 01 45 07 15 43
Fax:   (+33) 09 66 92 15 43
films.regent@orange.fr



Interprètes :    Omar Sharif,       Mariam Fakhr el-Dine,    Ghany Kamar,    Loula Sedky,                                                                                  Tawfic  el-Dekn

Sujet :

Issam est un jeune bédouin insouciant jusqu’au jour où il découvre l’injustice du roi à l’encontre des siens et où il décide de le renverser. Habile et ingénieux, il réussit à s’introduire auprès de lui et à devenir son conseiller. Le jour du soulèvement arrive, tout est fin prêt, mais l’affaire manque d’échouer, de par la jalousie d’une bohémienne délaissée, qui trahit Issam auprès du roi. Heureusement, ça s’arrangera…






Western bédouin, sucrerie médiévale, conte politique oriental, péplum orgiaque, divertissement de cape et d’épée, Le Démon du désert crève d’apoplexie parce qu’il mange sans vergogne à tous les râteliers du film à grand spectacle, confondant tout dans un oecuménisme serein et un joyeux foutoir. On aura rarement vu des hérauts sonner de leur trompette la charge d’un château-fort par des bédouins, pendant que le roi, cruel comme un empereur romain, oblige ses ministres à venir faire leurs rapports dans le bain où il frétille, entouré de femmes presque nues. Chahine voulait faire une satire politique paraît-il, il a en fait signé un de ses opus les plus Z, du plus parfait mauvais goût. Je sais bien que le Z a ses adeptes et qu’ils auront raison de relever ici ou là de vraies trouvailles visuelles, par exemple une façon de composer le cadre sur deux niveaux, un personnage en amorce (souvent à droite) et l’action au second plan, comme pour désigner le spectacle dans le spectacle, et avertir que le réalisateur n’est pas entièrement dupe du film qu’il fait.


Stéphane Bouquet

- Cahiers du Cinéma. « Spécial Youssef Chahine » Octobre 1996.