vendredi 30 octobre 2015

APRES MEIN KAMPF,MES CRIMES par Adolf Hitler


APRES MEIN KAMPF,  MES CRIMES,   documentaire-fiction réalisé en 1939,  alors que le terme lui-même n'existait pas. 



Le seul film antinazi produit par la France  qu'il faut voir dans le contexte de l'époque.





En septembre 1939, après la déclaration de guerre du gouvernement Daladier à l'Allemagne nazie,  le Commissariat à l'Information demande à Jacques Haïk de produire un film à charge contre Hitler.





Alexandre Ryder,  qui a pris pour l'occasion le pseudonyme symbolique de Jean-Jacques Valjan,  le réalisera.



L'Archevêque de Paris,  le Cardinal Verdier,  a accepté d'y  paraître spécialement  pour flétrir, dans un langage d'une émouvante grandeur, les excès du racisme et les horreurs du régime nazi.





Le film est  programmé  à l'Olympia  le  9 mars 1940. 




Les troupes allemandes entrent dans Paris le 14 juin. Le film sera interdit, toutes  les copies détruites.




Un document sociologique. Histoire de la vision que l'on pouvait avoir d'Hitler et de ses séides en 1939. 

                            Le générique du film:


Durée: 84 minutes

N° RPCA : 780



Un aperçu de la presse de novembre 1939:

DANS UN BUREAU TRANSFORME EN STUDIO :  J"ai vu tuer Röhm, Von Schleicher, le Chancelier Dollfuss...



Par Doringe
Pour Vous,  n° 573, 8/11/1939



- Je ne savais vraiment pas tout ce que j'allais découvrir d'horreur et de trahison lorsque j'ai commencé ce film nous confie le metteur en scène.


«Voici donc le travail repris. Après Menaces, ex Cinq jours d'angoisse, et Frères d'Afrique, film commencé entre deux-guerres et terminé depuis, et avant Pourquoi nous combattons, que va réaliser Léo Joannon, le premier film du temps de guerre est en chantier. C'est, nous l'avons décrit ici même, APRES MEIN KAMPF, MES CRIMES  de José Lacaze pour le scénario et pour la mise en scène de Jean-Jacques Valjan, pseudonyme qui trahit trop clairement les préférences littéraires et sociales pour n'être pas du même coup antinazi. Les techniciens qui ont repris le travail sont Géo Blanc, opérateur, Hawalier ingénieur du son, Georges, photographe, Tytis, régisseur et André Dugès, directeur de production. Puissent tous leurs camarades suivrent bientôt
Le film démarre en 1918, après l'Armistice, alors que les anciens combattants allemands ont fait le serment de ne jamais remettre ça... 
 La première trahison d'Adolf Hitler remonte loin : il était un bébé si chétif que la médecine le condamna 



- et il ne mourût point. La seconde je crois bien fut vis à vis des juifs car ses vingt ans faméliques ne furent nourris à Vienne que dans les refuges entretenus de ses deniers par l'israélite baron de Koenigswarther.




Nous prenons réellement notre horrible héros en 1932 lorsqu'il parvient sur le terrain politique. Des documentaires montrent son ascension et témoignent qu'elle est due à la finance qui le pousse contre le communisme.

 Bien entendu,  il a lâché ses protecteurs. Sur pièces authentiques, nous avons reconstitué des scènes palpitantes :  la Saint-Barthélémy nazie, l'assassinat de Röhm, celui du général Von Schleicher et de sa femme, l'accusation de Van der Lubbe, rôle interprété par  Alain Cuny,




pseudo-incendiaire du Reichstag (qui n'était qu'un épisode du plan d'ensemble permettant de se débarrasser à la fois de protecteurs devenus gênants et de communistes opposants), l'assassinat du Chancelier Dollfuss... - II me semble que cinéma et radio, une fois de plus, se rencontrent et se complètent utilement. Nous avons récemment écouté sur les ondes  « Affaires criminelles », une émission qui évoquait sept crimes du Führer, choisi parmi bien d'autres et dont vos images vont renforcer l'horreur tragique... - Toutes les scènes de reconstitution qui relient les documentaires ont été tournées dans des intérieurs véritables. 


Nous n'avons pas fait un jour de studio. L'assassinat de Röhm a été filmé dans la cave d'une villa ; Pierre Labry s'est fait le visage de l'infortuné collaborateur du Führer, jusque et y compris la cicatrice qui le marquait. Amato fut le sous-lieutenant chargé du meurtre. L'assassinat de la famille Von Schleicher fut tourné dans la salle à manger de cette même villa. Si ce procédé oblige à un important déplacement de matériel, il a pour lui l'avantage d'écarter toute idée de décor, de donner un cadre vrai, chose fort importante pour des scènes reconstituées qui devront être intercalées dans des documentaires. Le général Von Schleicher, c'est Jack Henley, sa femme, c'est Sandra Milowanoff, grande vedette du muet qui se montre dans ce rôle d'une émouvante sensibilité. Leur fille, c'est Jacqueline Noël, une élève de Mihalesco, de qui sans aucun doute les débuts seront tort remarqués car elle a beaucoup de talent, ainsi que son camarade de cours André Valmy, qui incarne Herschel, le petit tailleur juif meurtrier de l'attaché d'ambassade Von Rath lui-même.



 Il fallait de l'argent neuf au Führer : un agent de la gestapo embauché comme ouvrier chez l'oncle de Herschel, tailleur à Paris, poussât le gamin à ce meurtre profitable pour le parti nazi puisqu'il allait permettre de faire peser sur les juifs une lourde taxe exceptionnelle. L'utilité des espions et des agents provocateurs est bien connue d'un homme qui pour le compte de la Reichswehr remplit lui-même cet emploi auprès du parti ouvrier allemand. Le Gestapo-tailleur, c'est Mihalesco, excellent. Pendant que nous parlions, tout a été préparé dans le bureau voisin, pour l'agonie de Dolfuss.
 Voulez-vous y assister ?
 Nous nous livrons à une débauche de crimes depuis quelques jours mais puisque nous retraçons la carrière d Adolf Hitler…   Dans le bureau où tombe le crépuscule, un homme est allongé sur le canapé de cuir. Une manche de sa chemise est arrachée et sa main droite penche, pendante, touche le sol, du sang coule sur son bras, les projecteurs creusent son visage et mettent la lumière où il faut pour que l'ombre de la mort trouve sa place sur ces traits d'homme vivant.

Dollfuss était petit, Dalmais qui l'incarne est debout sensiblement de la même taille. Etendu, il paraît presque grand.



 Comme c'est grand, un mourant ! Si endurci qu'aurait pu être l'assassin du petit chancelier, quel souvenir immense, écrasant, il a du garder de sa victime. Il est ici, l'assassin, ou du moins son double cinématographique, en uniforme réséda et en casque. L'agonisant parle tout bas, tout bas... Nous n'entendons rien mais le public entendra, comme Hawalier entend, là-bas, au bout de l'appartement, cette supplication confiée au micro. Je lui ai ordonné de désigner Rimtelen comme successeur, m'explique l'homme du Führer, il refuse et en ce moment, il me répond qu'on voudrait Schuschnigg. Le bourreau réfléchit une minute et conclut mélancolique : « A la lueur des événements, il est bien permis de dire aujourd'hui que cet espoir déçu n'avait aucune importance. »

  On ferme les rideaux : le déroulement de l'action et les prescriptions de la défense passive sont d'accord pour l'exiger. Le moribond que son bras pendant fatigue joint les mains sur son ventre pendant qu'on règle les lumières. Le cinéma chassé par l'histoire reprend ses droits pour quelques minutes. Nous avons revu la girafe et les micros, et les fils et les spots. 


Nous avons entendu à nouveau les moteur, ça tourne, coupez  familiers en des temps plus heureux, sur fond de trahison et de crimes qui vont faire du public comme du monde entier un jury unanime. 

La vie recommencera. »






HITLER AU CINEMA

Par Jean Vignaud
Ciné-Miroir/Novembre  1939

« Nous apprenons par les agences qu’Hitler, l’homme sans honneur, le monstre de l’Europe, qui bientôt sera considéré par toutes les nations comme l’Antéchrist, comme le Dieu du mal sur la Terre, termine ses journées par une petite séance de cinéma.





Une séance privée, car j’imagine que sa présence dans n’importe quelle salle publique de Berlin causerait un certain malaise. Il s’enferme donc dans une petite salle en tête à tête avec son film préféré et  ce film, qui fait sa dilection, est précisément  un documentaire  sur une des actions les plus honteuses qu’il ait commises, puisqu’il représente l’envahissement par les troupes allemandes de la Pologne.

On dit que l’assassin qui a commis un crime est irrésistiblement attiré par le lieu où s’est déroulé son forfait, où l’on retrouve les traces du sang qu’il a répandu. Adolf Hitler agit comme ces criminels.

Il lui faut revoir les villes bombardées par ses avions ou ses canons à longue portée, les enfants déchiquetés par les bombes, les femmes tombant sur la route sous les balles de ses mitrailleuses.

C’est  le spectacle du propre carnage qu’il a organisé qui lui cause un indicible plaisir.

Je ne crois pas qu’il ait dans ce monde un être qui soit tombé aussi bas moralement que lui (…)



« Les plaisirs qu’il prend au cinéma sont d’un sadique et d’un fou. Mais il ne se rend pas compte que, précisément, c’est cette folie de meurtre qui le poursuivra, qui s’acharnera sur lui jusqu’à son dernier jour. Si ce n’était pas un homme aussi cruel, aussi conscient du mal qu’il crée, on serait tenté de le plaindre. Mais il déploie trop de malignité, trop de férocité dans toutes ses actions pour qu’on ne le traite pas comme une bête ignominieuse qui déshonore le monde par sa présence. 

Laissons-le en tête à tête avec son documentaire sur la Pologne, car il enseigne à l’assassin comment il finira lui-même ».



vendredi 23 octobre 2015

SOUS LE CIEL D'ORIENT - 1927



SOUS LE CIEL D'ORIENT 

C'est que Mahdi est un homme puissant. Dans son palais de la ville voisine, on le voit donner des ordres........



mardi 13 octobre 2015

SOUS LE CIEL D'ORIENT



Film réalisé par Fred Leroy-Granville & H.C Grantham-Hayes en 1927, du temps où se transmettait de génération en génération un discours colonialiste mettant en évidence d’une part un sentiment d’attirance pour l’Orient et d’autre part un rejet des Orientaux.



Gaston Modot: Ramon Cortez et Mahieddine
Flora Le Breton: Nikita
Joe Hamman : Mustapha
Maurice Sibert: Capitaine Verdières
Charley Sov: Colonel Montrose
Reginal Fox:  Inspecteur Verdier
Farnèse:  Hassan
Olga Day:  Lydia
Lydia Zarena:  Leilah
Gloria Marino:  Zulika
Renée Grandchamp:  Tante Agathe
Jacques Henley:   Ben Harid





Muet  - Noir & Blanc
4 épisodes:  172 minutes
1 partie:    166 minutes

Production: Ets Jacques Haïk







 Dans l’extrême-sud Algérien, le Colonel Montrose occupe les loisirs de sa retraite en faisant de l’élevage. Sa résidence au bord du désert est une luxueuse habitation où il vit avec sa sœur Agathe et sa fille Nikita.


 Cette dernière a inspiré une ardente passion a un riche étranger, Ramon Cortez dont l’apparente fortune a séduit la tante Agathe, au point que Nikita a cédé a ses conseils et a consenti sans enthousiasme à se fiancer a lui. Non loin de l’habitation du Colonel se trouve le poste militaire d’Akbar, commandé par le Capitaine Verdières, fiancé lui-même à Lydia, qui est la meilleure amie de Nikita.



 Quelques évènements graves, dont le meurtre d’un colon, se produisent dès le début. Ils ont pour origine la mort d’un ancien chef, Ahmed Youssif, révolté, dont les français ont jadis réduit la résistance et que son fils Mahieddine veut aujourd’hui venger.


 Le Capitaine Verdières, mis au courant du dernier meurtre, fait appel à l’Inspecteur Bernier, ancien officier, qui accourt avec son fidèle serviteur, Hassan.


 Et tous se rencontrent chez le colonel Montrose, ancien chef de Bernier. Celui-ci retrouve Nikita qu’il a connue enfant et qu’il revoit jeune fille. Cette dernière sent tout de suite sa sympathie, sinon d’avantage, s’éveiller en faveur de Bernier.


 Mais Mahieddine et ses hommes veulent tuer Bernier qui connaît le désert, parle l’arabe et est capable de déjouer leurs plans. Chez Montrose, même, un de leurs conjurés tente de poignarder l’Inspecteur et un peu plus tard, d’une hauteur voisine, on tire sur lui un coup de feu sans l’atteindre.



Comment le Capitaine et Bernier arriveront-ils à capturer les conjurés ? Ils sentent qu’ils sont entourés d’espions. C’est que Mahieddine est un homme puissant.

Dans son palais de la ville voisine, on le voit donner des ordres à Ben Harid un métis employé civil de la police française qui trahit ses chefs pour de l’argent. On le voit en conférence avec un de ses guerriers, Mustapha, qui ne songe qu’à la vengeance, on le voit aussi en contemplation devant un portrait de femme et ce portrait est celui de Nikita, la fille du Colonel Montrose.



 Ramon Cortez et Mahieddine ne sont, en effet, qu’un seul et même homme. Pendant que se développe, au cours de promenades équestres, l’idylle de Bernier et de Nikita, Mahieddine subit les assauts de la jalousie de sa favorite Leilhah qui a deviné l’amour de son maître pour une femme étrangère.


Elle n’est pas la seule, Mustapha a compris, lui aussi, depuis longtemps, que Mahieddine risque d’oublier sa vengeance pour une femme.



Il lui rappelle le serment qu’il a fait autrefois à son père en mourant, il excite sa jalousie et après une lutte morale terrible, Mahieddine donne l’ordre qui ruinera Montrose et qui fera périr Bernier.


 Une caravane portant une riche cargaison de plumes d’autruches appartenant à Montrose sera attaquée et détruite en plein désert. Cependant Bernier est au courant des projets de Mahieddine.



 Habilement déguisé en mendiant au marché d’Akbar, il a surpris un ordre que Mustapha a donné à un envoyé. Il l’attend en pleine campagne et au cours d’une lutte, lui prend son message.




 Montrose est donc au courant. Sa caravane va être attaquée. Le Capitaine Verdières lui offre quelques hommes, les seuls qu’il ait disponibles et qui partent sous la conduite de Bernier pour convoyer la caravane.


Mais au parc d’élevage des autruches, le chef qui reçoit l’avis de Montrose de retarder son départ jusqu’à l’arrivée de Bernier, soulève les épaules devant ce qu’il appelle des histoires de brigands et décide de partir le jour même, comme il en avait décidé. Pourtant les renseignements se précisent. Le Capitaine Vernières apprend que Mahieddine a réuni tous ses guerriers pour attaquer la caravane.


 Il part en avion pur rejoindre Bernier, qui est en route avec sa faible escorte, et l’avertir de ne pas tomber dans le guet-apens qu’on lui tend. Mais l’avion est attaqué, une balle frappe le moteur et c’est la panne en plein désert. Le Capitaine Verdières s’éloigne de son avion, désespéré. Pendant ce temps, Bernier s’avance avec ses hommes à la rencontre de la caravane.



Au cours d’une halte, il est surpris pendant son sommeil par les partisans de Mahieddine, son escorte est exterminée et il est emmené prisonnier. Mis en présence de Mahieddine, il reconnaît en lui Ramon Cortez et au cours d’une scène émouvante, il défie son ennemi, qui le garde prisonnier. Ben Harid sera son geôlier.

 Cependant la caravane a été détruite. Les jours passent mélancoliques chez Montrose où Nikita tremblante attend le retour de Bernier et où Ramon Cortez revient lui parler d’amour et lui rappeler sa promesse de l’épouser. Dans le désert le Capitaine Verdières erre, égaré et le fidèle serviteur de Bernier, Hassan, parcourt les pistes à la recherche de son maître.


 Verdières et Hassan se rencontrent et tous deux vont délivrer Bernier en tuant le geôlier. Il s’agit maintenant pour les trois hommes de revenir chez Montrose où les événements se sont précipités. On lui a apporté le casque ensanglanté de Bernier. Plus de doute, l’Inspecteur est mort. Nikita est désespérée. Elle accepte alors d’épouser Ramon Cortez, il est riche et cela relèvera la situation de son père que la destruction de sa caravane a ruiné.


 Le jour du mariage Ramon Cotez est près de sa fiancée. La cérémonie va être célébrée. Déjà le prêtre commence à réciter les prières. Tout à coup une porte s’ouvre et Mustapha paraît pour rappeler à Mahieddine son serment. Mahieddine pâlit devant son compagnon qui tire un pistolet de sa ceinture, vise son maître, presse sur la gâchette …. Mahieddine tombe.


 A ce moment, arrivent Bernier, Verdières et Hassan. Ils sont exténués, méconnaissables…




Nikita retrouve avec joie celui qu’elle aime et, peu après, dans la beauté des soirs africains, la jeune Madame Bernier se laisse bercer par la douceur de son amour.





                                     Musique de Dhafer Youssef  (extrait de Diaphanes)



 © Films Régent Archives Jacques Haïk

















mercredi 2 septembre 2015

Jacques HAÏK & Jean KEMM


D’origine alsacienne ou lorraine, né  à Paris en 1874,  Jean KEMM est tout d’abord acteur de théâtre chez André Antoine puis au cinéma, notamment à la SCAGL (la Fille du garde-chasse, les Mystères de Paris) avant d’aborder la mise en scène en 1917 avec Honneur d’artiste. Sa carrière fertile ne s’interrompt que peu de temps avant sa mort, toujours soutenu par son épouse Henriette Kemm, fidèle assistante. Cela dit, on connaît peu de choses sur cet homme discret qui a su trouver une voie médiane entre cinéma populaire et cinéma d’auteur : il vaut sans doute plus que la réputation de « bon artisan » qui lui a été collée.

En 1918, il réalise et interprète un petit rôle dans André Cornélis, avant de se spécialiser dans l’adaptation de romans ou de pièces du répertoire littéraire et théâtral français.

Il adapte à deux reprises Paul Hervieu : l’Énigme (1918) puis le Destin est maître (1920) auprès de la SCAGL et de Pathé. Commence alors pour Kemm une suite de succès populaires avec des films ambitieux maintenant oubliés, mais qui étaient à l’époque très prisés. En outre, Jean Kemm tourne ses films avec Charles Pathé, qui hésite encore à poursuivre sa carrière. Le romancier Victor Cherbuliez aura les grâces du cinéaste avec la comédie Miss Rovel (1920) puis avec un drame, la Ferme du Choquart (1922). La réussite de ces films doit beaucoup à la maîtrise de la mise en scène, à une certaine fluidité et à une absence de longueurs, mais également à l’interprétation de Geneviève Félix, fine actrice à la brève carrière cinématographique. Égérie du cinéaste, on la retrouve également dans Micheline (1921) d’après André Theuriet, puis dans Hantise (1922), drame adapté de Marcel Dupont, deux films mineurs dans la carrière de Jean Kemm, comme l’Absolution (1922) d’après Jean-Jacques Bernard. Ce pauvre chéri (1923) est du même style, avec deux gloires de la scène qui n’aident pas le film à sortir du cliché : Jeanne Grumbach et Jacques de Féraudy.

C’est tout d’abord Jean Sapène avec les Cinéromans, produisant en 1923 le serial Vidocq (d’après Arthur Bernède), puis l’Enfant-Roi d’après le roman de Pierre Gilles l’année suivante, qui donne son envol à Jean Kemm. Sous l’impulsion d’Henri Mège, tous les moyens sont offerts à Kemm pour réaliser des films engagés pour rapporter de l’argent et poursuivre la politique de Sapène. Le serial populaire à la française est inventé (ou plutôt réinventé) et le réalisateur remplit son contrat, par deux adaptations travaillées au cordeau, au préalable par les équipes des Cinéromans.

Ces deux succès amènent Jean Kemm chez un jeune producteur prometteur,  Jacques HAÏK

De 1925 aux années du parlant, les deux hommes collaborent ensemble et Kemm donne peut-être le meilleur de lui-même avec le Bossu (1925) d’après Paul Féval, plein de trouvailles formelles et une écriture fluide,

 talonné par Son premier film en 1926. 



Film plus intimiste interprété par le clown Grock, le cinéaste trouve un style attrayant, touchant et naturel, avec un désir de naturalisme. Éloigné des mouvements cinématographiques, sans théorie et proche du public, son cinéma n’en n’est pas moins épuré, éloigné des œuvres plus commerciales de l’époque.
 Il achève sa période de films muets par une nouvelle version, réussie, produite aussi par Haïk,  d’André Cornélis (1927) d’après Paul Bourget, avec Malcolm Tod et Claude France





Il met trois ans pour mettre en scène son premier film sonore, le Juif polonais, avec Harry Baur.  (produit par Jacques Haïk)
Très remarquée, cette œuvre de qualité apporte à son auteur une nouvelle notoriété. Mais, au parlant, Jean Kemm signe des films inégaux, 
avec quelques perles : 
- Atlantis, coréalisé avec E.A. Dupont, 1930   (produit par Jacques Haïk)



- Haï-Tang, coréalisé avec Richard Eichberg, 1930 avec Anna May Wong   (produit par Jacques Haïk)



- Amour et discipline 1931 (produit par Jacques Haïk)

- Le coffret de laque, 1932 , d'après "Black coffee" d'Agatha Christie, avec Danielle Darrieux (produit par Jacques Haïk)






la Loupiote, 1936) et plusieurs films mineurs (les Surprises du divorce, 1932).

Il termine sa carrière avec Liberté (1937) et disparaît deux ans plus tard.

Sources:  Revue de l’Association française de recherche sur l’histoire du Cinéma
     (François Albera & Jean.A Gili- Juin 2001)

mardi 4 août 2015

SAMIA GAMAL & DALIDA

Rivales dans
UN VERRE, UNE CIGARETTE
(Sigara we kass)


  

Réalisation:                Niazy Mostafa
Scénario:                    Niazy Mostafa, Abdel Aziz Salam et Hasan Tewifk
Image:                        Abdel Aziz Fahmy
Durée:                        119 minutes
Noir & blanc              1954
Production:                Aflam El Sahm El Sahabi
Distribution               Films Régent Archives Jacques Haïk





Avec :
Samia Gamal : Hoda (la danseuse)
Dalida :        Yolanda   (l’infirmière)
Kouka:           Azza     ( la chanteuse)
Nabil el Alfi:       Mamdouh  ( le médecin)
Serag Mounir:   Emara   ( l’ami de Mamdouh)







Hoda danseuse renommée renonce à sa carrière par amour pour Mamdouh, un jeune médecin.




Ils forment un couple heureux jusqu’au moment où Hoda soupçonne son mari de ne pas être insensible aux charmes de sa trop jolie infirmière italienne, mademoiselle Yolanda (Dalida)…